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Les 5 erreurs que j'ai faites au début de mon allaitement (et comment vous pouvez les éviter)

Les 5 erreurs que j'ai faites au début de mon allaitement (et comment vous pouvez les éviter)

Je pensais sincèrement que l’allaitement, ce serait l’évidence. Mon corps savait faire, le bébé savait téter, on allait se retrouver et hop, ça coule de source. Sauf que les premiers jours, j’ai eu mal, j’ai pleuré, j’ai douté, et j’ai très sérieusement envisagé de tout arrêter. Avec le recul (et beaucoup de lectures, de formations et d’échanges avec des sages-femmes), je peux pointer les erreurs que j’ai faites dès le départ. Si je peux vous éviter de les répéter, j’aurai déjà gagné quelque chose.

1. Croire que la douleur est “normale”

C’est probablement le mythe qui m’a fait le plus de mal, littéralement. On m’avait dit “c’est sensible les premiers jours, c’est normal”. Donc j’ai serré les dents. Pendant deux semaines.

La vérité, c’est qu’une légère sensibilité au moment de la prise du sein peut être normale les 5 à 7 premiers jours, le temps que la peau du mamelon s’adapte. Mais une douleur qui dure pendant toute la tétée, qui revient à chaque mise au sein, des crevasses, du sang, un sein qui devient dur et chaud — tout ça, ce n’est pas normal. C’est un signal.

Dans 90 % des cas, c’est une histoire de prise du sein : bébé n’attrape pas assez de tissu mammaire, il pince le bout du téton, et vous payez la note. Une consultante en lactation ou une sage-femme peut corriger ça en cinq minutes. N’attendez pas, demandez de l’aide vite.

2. Compter les tétées comme si c’était un examen

J’avais un carnet. Je notais l’heure, la durée, le sein de départ. “7h12, sein gauche, 14 min”. Je suis passée à côté de mon bébé pendant deux jours à me concentrer sur mon chronomètre.

Le problème : un bébé allaité ne tète pas à heure fixe. Il tète à la demande, et c’est très bien comme ça. Les premières semaines, attendez-vous à 8 à 12 tétées par 24 heures, parfois beaucoup plus rapprochées le soir (ce qu’on appelle les “tétées groupées”) parce que bébé reconstitue son stock pour la nuit. C’est physiologique. Ce n’est pas un signe que vous n’avez pas assez de lait.

Ce qui compte vraiment, ce ne sont pas les chiffres, ce sont les couches : 5 à 6 couches lourdes de pipi et 2 à 3 selles par jour la première semaine, c’est le vrai indicateur que bébé boit assez.

3. Avoir peur d’allaiter en public

Je suis restée enfermée chez moi pendant trois semaines parce que je ne savais pas comment allaiter “discrètement”. J’ai séché des sorties, des cafés, des balades — et je suis devenue dingue.

Aujourd’hui, je peux vous le dire avec calme : vous avez le droit d’allaiter partout. Dans un café, dans un parc, dans le train. Vous êtes en train de nourrir votre bébé, c’est tout. Personne ne demande aux gens qui boivent un coca de se cacher.

Si vous voulez plus d’intimité, une écharpe de portage ou un lange drapé sur l’épaule fait très bien le travail, sans étouffer bébé. Et si quelqu’un fait une remarque déplacée, vous avez le droit de lui répondre, ou de partir, ou de ne rien dire. Vous ne devez aucune explication.

4. Confondre “manque de lait” et “manque de patience”

Vers la fin de la deuxième semaine, j’ai cru que mon lait baissait. Bébé pleurait plus, voulait téter plus, dormait moins bien. J’ai paniqué, j’ai foncé pharmacie, j’ai failli acheter du lait artificiel “au cas où”.

Sauf qu’on était simplement en pleine poussée de croissance. Vers 7-10 jours, puis 3 semaines, puis 6 semaines, et ainsi de suite, bébé augmente ses besoins. Il stimule plus le sein pour faire monter la production. Et trois ou quatre jours plus tard, tout se rééquilibre.

Le lait fonctionne sur la demande : plus bébé tète, plus vous produisez. Donner un biberon de complément “au cas où”, c’est court-circuiter ce mécanisme et réellement faire baisser la lactation. Avant de paniquer, demandez-vous : est-ce que ça pourrait être une poussée ? La réponse est souvent oui.

5. Ne pas oser demander de l’aide

C’est ma cinquième erreur, mais c’est la mère de toutes les autres. Je voulais “y arriver toute seule”. Je trouvais que demander de l’aide, c’était admettre que j’étais une mauvaise mère. C’est faux, et c’est même l’inverse.

Les mamans qui demandent de l’aide tôt sont celles qui allaitent le plus longtemps, et avec le plus de plaisir.

Sage-femme libérale, consultante IBCLC, association locale de soutien à l’allaitement, groupe Facebook bienveillant — il existe une tonne de ressources gratuites ou peu coûteuses. Et même un simple coup de fil à une autre maman qui est passée par là peut tout changer.

Ce que je dirais à la moi d’il y a deux ans

Si je pouvais remonter le temps et m’asseoir à côté de cette maman épuisée qui pleurait à 4h du matin avec son bébé au sein, je lui dirais simplement : “Tu fais bien. Tu apprends. C’est dur maintenant, et ça va devenir simple. Demande de l’aide, et fais-toi confiance.”

L’allaitement, c’est une relation, pas une performance. Il y aura des jours faciles, des jours compliqués, des jours où vous voudrez tout arrêter et des jours où vous ne voudrez plus jamais sevrer. Tout est normal. Tout fait partie du voyage.

Et surtout : que vous allaitiez 3 jours, 3 mois ou 3 ans, vous êtes une bonne mère. Ce qui compte, c’est que vous et votre bébé soyez bien.

Si vous traversez une période compliquée, écrivez-moi en DM sur @rebecca_maternite. On en parle.

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